1500 pages et puis s'en vont...

Publié le par 2047.over-blog.com

 Madrid avec mon ptit gars ? Génial ! Et maintenant concerts, ciné et amour à partir de demain !

 

1q84-livre-3-octobre-decembre,M70907

 

La passe de trois...j'avais élu 1Q84 de Murakami livre de l'année passée (même si je publie pas mes tops !) et j'attendais fébrilement le dernier tome. Bilan: encore avalé en quatre jours, et conclusion magistrale d'une fresque aussi minimaliste que démesurée: amour complet de ma part !

Et même béatitude: parce que finalement ce dernier tome, qui devait conclure mes attentes, les a démultipliées en faisant ce qui m'apparaît le plus casse-gueule: un ralenti total...Il se passe finalement très peu de choses dans ces 500 dernières pages, et pourtant je ne savais m'empêcher d'être scotché, inquiet, admiratif. Dieu sait si les derniers Murakami, ces recueils de nouvelles qui sentaient l'opération commerciale, et son catastrophique essai sur la création et la course à pieds, m'avaient inquiété puis ennuyé. Mais là, clairement, c'est un sommet: parce qu'il a allié ses histoires d'amour subjugantes (type ses plus vieux livres, au hasard La ballade de l'impossible ou Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil) avec l'expérimentation hypnotique de la lenteur mise en oeuvre dans Le passage de la nuit. Et c'est ça qui m'a fait m'envoler: cette observation scrupuleuse et répétitive, lancinante, du mystère insondable des petites choses qui charrient les grands bouleversements. 1500 pages donc, que j'aurais avalé comme un rien, et qui m'auront valu le plus doux des plaisirs de lecture: partir ailleurs pour arriver au plus près de nos vies. Un livre à embrasser, sans fin !

 

contescarnivores.jpg

 

Pas le suivant, car il piquerait ! Excellente découverte que les Contes carnivores de Bernard Quiriny, tenez-vous bien...un recueil de nouvelles, choses que je n'arrive jamais à lire. Ben là j'ai dévoré, parce que il y a un univers tellement intrigant et accrocheur que j'en suis encore tout étonné. Entre le Michaux de Plume, les étrangetés de Borges, les inventions à la Cortazar et tout le fantastique redéfini dans notre siècle, c'est une pure tuerie, un déluge d'inventions, d'intrigues, d'humour à froid, et de petites angoisses lancinantes. Alors lui, c'est clair, je vais me jeter sans tarder sur ses autres recueils, car là, je suis bluffé.

 

unmondesansfemmes.jpg

 

Un petit tour au cinéma pour un raté d'il y a quelques mois, rattrapé dans le plus improbable des endroits ! Alors en compagnie de ma maman, on est allé voir Un monde sans femmes, moyen métrage de Guillaume Brac. Avec avant un gros court-métrage du même auteur. Alors le retour des jeunes auteurs français passant par la case moyen-métrage comme dans les glorieuses années 90 ? Je ne sais, mais ici un vrai plaisir et une vraie découverte. D'abord d'un territoire - chose que le jeune cinéma français sait si bien filmer - ici Hault, station balnéaire du Nord de la France, au centre des deux films, un lieu terrifiant d'ennui et de solitude, mais où l'héritage de Rohmer surgit, avec les déboires sentimentaux d'un largué gentil comme tout mais assez malchanceux et maladroit, joué par Vincent Macaigne, acteur génial (et, oui, étrangement, ce metteur en scène de théâtre parait-il très provocateur)...dans les deux films, on retrouve des lieux, des personnages (sublime petite mamie), et on voit en un peu plus d'une heure se déployer l'oeuvre naissante d'un réalisateur très prometteur, capable de nous faire sourire sans méchanceté, et de nous apitoyer la scène d'après. Cet univers m'a ravi, avec en prime les retrouvailles avec la délicieuse Constance Rousseau, découverte dans le génial Tout est pardonné de ma géniale Mia Hansen-Love...

 

              Mirel_Wagner.jpg       Dark Dark Dark-01-Franck Nardin

 

On finira avec les trois concerts consécutifs d'il y a peu. D'abord, Mirel Wagner qui est encore plus minimaliste sur scène que sur disque (ce n'est pas peu dire !!), une guitare et c'est tout, pour des chansons tendues et belles, mais qui méritaient probablement plus d'atours. Suivie des Dark Dark Dark en pleine forme dans une salle très bien remplie, pour un set chaleureux, enjoué, fort beau, agréable, une sorte de facilité à déployer les chansons et à créer une ambiance. Bonne piocjhe du dimanche soir.

 

                                       djkrush.jpg

 

Deux jours après c'est DJ Krush qui arrive, et une première très angoissante pour moi: je suis rentré le premier dans la salle et yavait personne ! Help !! Mais après ça a fini par sérieusement se remplir, et la première partie c'est un certain Fulgeance, qui nous sort une électro bien saccadée qui m'ennuie immédiatement, me rappelle les affreux Glitch Mob, et visiblement ravit plein de garçons autour de moi: ça confirme mon ennui ! Quand Krush commence, outre l'émotion de le voir "en vrai", ça part mal car ça commence comme celui d'avant: ah non hein je veux pas du déstructuré toute la soirée ! Mais après cinq minutes ça démarre enfin, pour 1h30 (seulement) de puissance hip-hop, électro, et ça me rappelle avec bonheur que aucune musique à ma connaissance n'a justement autant de puissance en concert que celles-là. Je suis ébloui...jusqu'au rappel incompréhénsible où on a droit à Led Zeppelin puis Michael Jackson, autant dire pour moi deux musiques à ignorer royalement, et je pars en oubliant bien vite ces dix dernières minutes ridicules...

 

foraminor.jpg

 

Une semaine après, je gagne une place pour la soirée post-rock du I-boat et notamment For a minor reflection, un groupe islandais. Je fais peu de concert post-rock, et j'avoue que je ne crois plus en cette musique (yavait deux spectateurs bien rigolos qui y croyaient beaucoup par contre !) mais parfois, le déluge sonique, ça fait du bien. Ca commence par Sleep makes waves, un groupe australien qui annonce la tonalité: très bruyante ! Et après les jeunes islandais arrivent, sont assez rigolos et se lancent dans leurs épopées soniques avec fougue. C'était bien comme peut l'être le post-rock, et inégal comme il sait l'être aussi. Mais ça fait toujours du bien d'aller explorer un genre musical que j'ai énormément écouté et aimé, mais peu pratiqué en salle. En prime: le vendeur de T-shirt avait plus de monnaie alors au lieu d'aller en faire au bar qui était à deux mètres, il m'a fait une réduction de 5 euros sur le T-shirt ! Et les gens avant et après payaient le prix normal ! Vive le post-rock !!

 

On finit avec la ptite bordelaise irrésistible Soko, quelle chanson...

 

 

Commenter cet article