3 ans sans solitude

Publié le par 2047.over-blog.com

Et hop me voilà désormais ici, et après un bon mois de trop de travail on s'y remet et pas qu'un peu. Anniversaire: non pas mon 1er jour sur overblog, mais bien plutôt mes trois ans d'amour avec Mathilde, plop ferait le champagne, et une pensée pour notre fianceur professionnel Zucco Ier !

 

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Et attention, après une année 2011 très terne en matière de cinéma (sauf en DVD mais j'en parle pas) c'est un retour gagnant dans les salles !

On commence avec le très beau et très fort Tomboy de Céline Sciamma, dont j'avais peu apprécié le premier essai La naissance des pieuvres, film trop cérébral sur l'adolescence. Ici c'est un domaine peu exploré à ma connaissance par le cinéma qui est à l'honneur: la pré-adolescence et la question de l'identité (sexuelle, mais finalement totale). On le sait c'est l'histoire magistralement jouée par tous les gamins d'une fille qui se veut garçon, et mieux: qui se fait garçon. Dommage que la surprise soit quelque peu "gâchée" par le fait qu'on connaisse l'histoire car je pense que sans rien savoir tout le monde se fait avoir par le physique et le jeu de la jeune actrice. Qu'importe: ce n'est pas la surprise qui compte ici, mais l'étrange et inquiétant suspense qui se met en place dans le pur quotidien. Extrêmement bien recréée, la pré-adolescence avec ses jeux, ses questions, son langage et ses poses, ses troubles aussi, devient le lieu de l'interrogation pour le spectateur mis au niveau du jeune personnage: quelles erreurs sont involontairement commises, comment les rattraper, jusqu'à quand tiendront-elles ? Le film amène progressivement à une géniale tension, d'abord jusqu'où ira-t-on, ensuite c'est le vertige de nos propres codes identitaires qui se fait jour. Véritable abîme existentiel présenté à travers des scènes aussi simples que profondes, ce film est aussi hitchcokien que ludique. Bourré de questions, visible par tout âge, c'est une totale réussite qui n'en finit pas, malgré son format court et resséré, de nous hanter après la séance. Hautement recommandé.

 

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Un détour par l'Australie pour le "phénomène" là-bas Animal Kingdom de David Michôd, film noir-polar-thriller autour d'une famille de gangsters absolument fous et dangereux. Pur film d'ambiance et autant psychologique que sauvagement prenant, on est là dans les arcanes du genre et c'est à nouveau du grand spectacle qui nous tient scotchés au fauteuil pendant près de deux heures. Le suspense et la surprise n'en finissent pas, les personnages sont tous plus opaques et angoissants les uns que les autres, la mise en scène est subtile, parfois brutalement et spectaculairement elliptique, et jusqu'aux derniers moments on se demande vers quoi l'on va. Evoquant selon moi le meilleur Scorcese et surtout les premiers polars de James Gray, mais aussi et heureusement s'en démarquant très largement, on a ici une vraie perle noire qui scintille, une orchestration éblouissante autour du Mal, du Pardon et de la Vengeance. Chapeau bas messieurs les australiens...

 

Et on finit (pour l'instant car la fin de semaine va être chargée en séances) par un détour en Iran pour le certes rude mais très beau Women without men de Shirin Neshat, qui m'a appris ma belle n'est pas cinéaste mais d'abord artiste plasticienne. Et effectivement, ce beau film aride et métaphorique contient des images d'une beauté plastique incroyable, et fait donc le pari hyper-risqué au cinéma de l'allégorie sur la condition féminine en Iran. Déjà, surprise, dans ce "genre" que je réprouve, ici l'allégorie marche (malgré quelques longueurs), ensuite ce film de femmes sur les femmes montre un Iran cinématographique que je n'avais jamais vu, notamment au niveau du filmage des corps. Enfin, il y a là tellement de sensibilité, d'onirisme  et de mise en scène artiste (au bon sens du terme) qu'on doit bien s'incliner devant la richesse du projet, ardu mais remarquable. L'iran revient demain en deuxième semaine opposée avvec le très attendu Une séparation qui me fait déjà griller d'envie !

 

Ici je peux remettre des clips yeepee ! Alors un français c'est pas souvent, l'ancien Pull (dieu que c'est loin !) Thomas Méry qui avec son album étrange et évanescent me séduit bien en cette semaine...

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