A la déchetterie le vieux, et tais-toi !!

Publié le par 2047.over-blog.com

  Entre les flots de pluie, rien de mieux qu'un maître japonais...

 

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Ah Hirokazu Kore-eda, plus les années passent, plus il devient le cinéaste asiatique le plus précieux. Après avoir vu Still Walking dont je ne me remettrai jamais, avoir admiré sa chronique de l'enfance livrée à elle-même dans le splendide Nobody Knows, et apprécié son changement de registre avec Air Doll, le voilà revenant sur le terrain de l'enfance avec sa dernière merveille, I Wish (nos voeux secrets).

Rien de plus dur que filmer plusieurs enfants, et donc l'enfance, sans tomber dans la mièvrerie ou le regard trop adulte. Ici, la distance est toujours juste, et ces petits bouts d'une dizaine d'années nous chavirent pendant plus de deux heures. D'une situation pas forcément facile, des parents séparés, deux frères chacun chez l'un, va surgir une magie que seuls des enfants peuvent faire naître: une ligne de double TGV va ouvrir, et l'un d'entre eux considère - non, sait - que au point exact du croisement des deux trains, si 'lon s'y trouve, la décharge d'énergie sera telle que l'on peut faire un voeu qui se réalisera. Dès lors, ces petits humains vont tout organiser, où faudra-t-il être, comment sécher l'école, avoir l'argent pour le voyage, trouver le bon endroit. Des deux frères partant pour le projet, c'est une jolie ribambelle de copains et copines qui participera à l'équipée, avec la complicité génialement comique d'un grand-père un peu maladroit. On navigue alors entre le Truffaut de L'argent de poche, et Stand by me qui était si doux à voir avec mon ptit gars. La chronique est douce, tendre, simple comme l'enfance sait parfois l'être: le film passe à hauteur d'enfants, et nous laisse émerveillé, comme heureux d'avoir pu replonger dans cette atmosphère inimitable des projets fous qui finalement se réalisent. C'est un film apaisé, bourré de charmes, qui par son classicisme apparent ne fait que nous entraîner vers la joie de spectateur: un vrai cadeau.

 

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Hum, pourra-t-on en dire autant de L'enfant d'en haut d'Ursula Meier ? Comme il l'a dit lui-même, chaque fois qu'on va voir un truc avec Pascal, ça foire ! Ben déjà j'avais eu un peu de mal avec son premier film Home, très original mais trop enfermé dans sa logique (si j'ose dire !). Ici on se retrouve sur les traces d'un petit voleur, au fin fond d'une vallée perdue de montagne et d'une station de ski (qui me confirme qu'il ne faut jamais aller dans ces lieux-là !!!). Le film colle à son petit personnage, que croise parfois sa soeur. C'est très bien fait et joué, et reconnaissons que la surprise totale que l'on découvre aux deux-tiers du film est réussie, mais je ne sais si c'est la maîtrise ou la froideur apparente, en tout cas c'est intéressant mais pas transcendant.

 

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J'ai lu un livre de Valérie Mrejen ! Cette artsite, plasticienne, vidéaste, écrivain et cinéaste (ouf ! et elle est jeune en plus !) m'intrigue depuis des années, alors là je tombe sur son dernier écrit sorti tout récemment, et je tente. Forêt noire, donc, un court...euh...roman ? Ecriture ciselée pour une suite de suicides !! Vraiment étrange, racontés avec le même calme que si elle parlait de quelqu'un qui fait ses courses ! C'est comme une suite de petit tableau, et en fait je me dis, maladroitement probablement, que ça ressemble bizarrement plus à une expo en mots qu'à un récit. C'est donc, comme je m'y attendais avec elle, un objet à part, qui trotte bien dans la tête, et qui finalement donne envie d'aller voir un peu le reste de son oeuvre. Une drôle de fille, elle, assurément.

 

Un petit polar avec le 220 volts de Joseph Incardona, ça se lit tout seul, c'est l'histoire d'un romancier qui n'arrive pas à finir son bouquin, il part s'isoler avec sa femme dans une maison de famille paumée dans la pampa, et puis pendant la moitié du bouquin (court) on se demande pourquoi ce serait un polar, et soudain on comprend !! Le livre est vraiment coupé en deux, joue habilement d'un suspense plutôt classique mais très bien ficelé, et petit bonus ya une vraie surprise dans...le dernier paragraphe ! Bien joué !

 

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Quelques BD pour finir. Magnifique manga anti-militariste de Susumu Higa qui avec Soldats de sable nous livre quelques récits de la guerre à Okinawa, mais mettant en lumière le désarroi face à cette guerre qui se termine alors qu'elle surgit dans cette ville...C'est donc une oeuvre très engagée, mais qui le fait dans la discrétion, la suggestion, et au final cela procure de très belles émotions et réflexions. Un manga comme ils le sont presque toujours: humain, profond, intelligent, sensible et beau. Chapeau.

 

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L'île panorama de Suehiro Maruo est un autre manga très intrigant, adapté d'un roman japonais, où un écrivain raté "profite" d'une possibilité d'usurpation d'identité pour changer de vie et se lancer dans un projet fou de construction d'une île à la vie utopique. Faudra-t-il encore évoquer la richesse des manga ?...

 

Retour final vers un vieux classique désormais de la BD contemporaine, les voyages de Guy Delisle avec ses Chroniques de Jérusalem: rien à redire, c'est toujours aussi touchant, drôle, finement observé, avec pourtant une légère pointe disons de lassitude: il creuse son filon, certes, mais parfois du coup on aimerait être un peu plus surpris. C'est très bien, mais on le savait déjà !

 

Allez, le concert de la semaine ce sera les canadiens de Monogrenade, paraît que c'est vachement bien, je vais pas manquer d'aller vérifier ça !

 

 

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Laeti 01/05/2012 22:32

Ohlala quelle chance! Bon concert! :D