A tes souhaits mon Zucco !

Publié le par 2047.over-blog.com

 

Et hop trois films vus au ciné avant un spécial livres qui devrait être copieux.

 

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Sinon le meilleur, une certitude est d'avoir vu avec Une séparation l'un des sommets de l'année. Nouveau film d'Asquar Farahdi après l'admirable A propos d'Elly, on se retrouve ici face à un film abyssal en terme de questions à se poser, une mise en scène impeccable, des acteurs parfaits: bref, une sortte d'autopsie de l'âme humaine qui respire l'intelligence pure, pour deux heures de thriller à couper le souffle.

En gros, c'est l'histoire d'une bientôt ex-famille puisque les parents se séparent, famille bobo d'Iran, ouverte, riche, moderne. Le grand-père malade est gardé à la maison, et il faut donc trouver quelqu'un qui s'en occupe la journée. Ce sera une jeune femme qui vient de loin, sans le dire à son mari: famille croyante, voire traditionnaliste, mais il serait absurde de voir dans le film une comparaion de deux modes de vies, cela n'a rien à voir. Jusque-là, rien de particulier sinon une découverte des caractères de chacun. Puis viendra le problème qui va faire dévier le film vers un pur thriller, avec tous les ingrédients mais à la sauce iranienne: enquête, interrogatoire, procès...dans un bureau minuscule face à un juge. Et dès lors le film nous plonge dans les mensonges de chacun et chacune, sans fin: plus le film avance, plus l'éventuel vernis social s'effrite, et chacun mis à nu devra apprendre à vivre auprès des siens ou pas, tels qu'ils les découvrent vraiment.

Dit ainsi ça doit pas impressionner, mais alors mis en images ainsi ça époustoufle: pas une seconde d'ennui, des surprises, des tensions terribles, une fin brillante, je le redis tout ici n'est qu'intelligence transfusée dans du thriller, et assurément on ressort de là en se disant que ce qui s'est passé sur l'écran est rare. Chef-d'oeuvre.

 

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Moins surprenant pour l'habitué que je suis sera le nouveau film des frères Dardenne, Le gamin au vélo. Ceci dit à part Rosetta je vais jamais voir leur film au ciné et quand je les vois après je reconnais qu'ils ont encore frappé fort, alors je prends les devants pour une fois ! Très impressionné par leur dernier opus Le silence de Lorna, je me retrouve vite en terrain connu: leur mise en scène si particulière, entre heurts et retours incessants de figures, avec ici au centre un enfant qui vit ce que chaque personnage principal des Dardenne vit: une situation imposée inextricable et qui fait souffrir. ici, en foyer, le gamin veut retrouver père et vélo, puis finalement voudra se trouver. Très vite le système Dardenne se met en place, avec toujours (c'est ce qui me fascine le plus chez eux) leur refus d'un cinéma bêtement social pour privilégier une forme de psychologie passant essentiellement par le physique. Le gamin ici pédale, court, va, revient, grimpe, se cogne partout surtout aux mots des adultes, et c'est ce parcours purement charnel qui va le révéler à lui-même. Quitte à devoir frapper, voler, mordre, qu'importe: ici c'est le chemin qui importe, et finalement ce vélo sera plus qu'une référence évidente au Voleur de bicyclette: il sera le signe de l'enfance qui parce qu'elle est toujours en mouvement peut ainsi aller plus vite et plus loin. D'où une forme d'espoir, rare dans un univers si noir, auquel n'avaient droit ni Lorna, ni Rosetta, ni la plupart des autres "héros" des Dardenne. Beau bloc brut de film, qui ne fait que rajouter une pierre essentielle à l'oeuvre si particulière de ces deux frères, et un mystère pour moi: pourquoi tant de frères cinéastes (Larrieu, Cohen, Farrelly, Quay, Taviani, j'en oublie surement) et pas de soeurs ?

 

On finit avec un passionnant documentaire (j'avoue, les 3 heures d'autobiographie de Ceaucescu j'en rêvais mais j'ai pas encore eu le courage), Le premier rasta de Hélène Lee (elle a une soeur elle ??).  La vie et l'oeuvre de Leonard Percival Howell, fondateur du rastafarisme et surtout de la première communauté le Pinnacle: j'écoute beaucoup de reggae mais je connais finalement peu ce qui se cache derrière, alors là en 1h20 j'ai baigné avec bonheur dans la vie de cet homme et de ces années 1900-1950 entre Panama, la Jamaïque, les marins, le communisme, les USA, l'Ethiopie, l'Inde, et j'en passe. Des tout vieux rastas édentés qui témoignent en fumant des gros joints, des stars du reggae (croyais-je) qui jouent dans un bidonville, il y avait même Count Ossie que je croyais mort depuis longtemps, bref c'était un bonheur et un bain de culture. Ainsi que la certitude qu'on ferait mieux d'être rasta, et qu'il serait temps qu'un certain surfeur vienne un peu par chez moi !

 

On finit évidemment, du coup, sur le groupe suprême du reggae: Groundation. Probablement le morceau de reggae que je préfère au monde...

 

 

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