Berlin l'enchanteresse

Publié le par 2047.over-blog.com

Allez zou, dimanche matin on décolle...

 

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Et en attendant passage au cinéma pour deux perles animées asiatiques, of course. On commence avec le retour d'Eric Khoo, mon cinéaste singapourien préféré depuis Be with me, qui revient donc avec un dessin animé intitulé Tatsumi, qui n'est autre que l'adaptation du manga autobiographique Une vie dans les marges, dont j'avais parlé il y a quelques temps. Donc la vie de l'inventeur du gekiga, Yoshihiro Tatsumi, qui a créé ces manga pour adultes, psychologiques et bien sombres. La preuve par l'image puisque le film ne raconte pas seulement sa vie, mais insère cinq histoires de Tatsumi, toutes plus sombres et glauques les unes que les autres. Donc on rigole pas ici, mais on suit une animation 2D anti-Pixar revendiquée (ouf ça fait du bien !) passionante, touchante, et des histoires qu'on peut lire dans le recueil dont j'avais parlé dans mon ancien blog, L'enfer. Bref, un film absolument fascinant sur l'univers du manga, la création d'un homme, la parcours difficile d'un mangaka, avec un final étourdissant de beauté et d'émotion sur lequel je ne dirai rien. Grand dessin animé.

 

La neige nous a empêché d'y aller avec mon ptit gars, mais une semaine après on file avec Mathilde en guest star voir le film du fils Miyazaki, La collline aux coquelicots. Là par contre c'est une animation total-japanese, au service d'un film classique et doux, touchant, étonnamment calme et apaisant avec quelques bouillonnements, ceux du coeur et de l'espoir. Je crois que regarder des dessins animés japonais en compagnie d'Arthur restera définitivement l'une des expériences de cinéma les plus touchantes que j'aurais vécues, et qui bientôt s'évanouiront dans le vent de l'âge qui grandit...mais là, face à ce beau film classique, tous les trois devant, c'était tout simplement bien.

 

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David Grossman, troisième ! Nouvelle confirmation du talent de conteur de l'écrivain israëlien, Quelqu'un avec qui courir débute sur les chapeaux de roue avec un chien qui entraîne un jeune homme dans une course folle vers finalement son destin. Avec une savante et subtile construction alternant la vie présente de ce jeune garçon, celle de la mystérieuse propriétaire du chien, ainsi que sa vie passée, le roman crée un doux suspense de plus en plus inquiétant, tout en préparant sans cesse leur réunion, qu'on espère voir déboucher sur une union. Roman autour de l'adolescence et des destins croisés, avec au centre ce chien qui guide, ce livre est à nouveau une série d'aventures qui amène chacun à découvrir ce qu'il est, qui il voudra être. Aventures initiatiques menées tambour battant, et coeur au diapason.

 

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Le cinéma coréen piétine de plus en plus, alors la BD vient rappeler que la Corée reste ma terre d'élection artistique des deux dernières années. Après Annco, voici une autre femme, Jung Kyung-A qui a un tout autre projet: sa BD historique-reportage-réquisitoire intitulée Femmes de réconfort est un extraordinaire ouvrage, tant par ce qu'il révèle, la prostitution organisée pour l'armée par le Japon, que par la manière dont-il le fait: une BD hyper-documentée, scandalisée, et qui pourtant utilise une incroyable, et terriblement efficace, dose d'humour, dans les dessins et les situations. Et on se retrouve devant un pari hybride fou: dénoncer un scandale absolu sans pour autant négliger l'humour, et surtout sans que celui-ci n'affaiblisse le propos. Pari totalement réussi, aussi étrange que cela puisse paraître, et voilà que s'inscrit un nouveau nom au firmament artistique coréen...

 

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On finit en concert avec Monsieur Matt Elliott en personne, devant justement presque personne, on va dire vingt spectateurs à tout casser, c'était triste mais bon, j'y étais. En première partie une Winter family vraiment fort intrigante avec de beaux passages inattendus, puis le maître, seul avec une guitare sèche et plein de bidouillage, qui ira à force de technologie jusqu'à faire un morceau balkanique à lui tout seul ! Bon, j'étais un peu complètement défoncé, vive les rarissimes vendredi où je travaille pas et où l'herbe remplace la corvée, et ça tombait très bien pour un tel concert: beau, sépulcral, profond (cinq ou six chansons pour 1h15 de musique !), concert pour happy few qui craignent pas le froid, mais voilà maintenant ça y est: j'aurais vu Matt Elliott, et quel bonheur...

 

J'ai pas plus de temps, et j'ai pas parlé de tout ce qui est au programme...bientôt sûrement une nouvelle rubrique ! mais chut...en attendant, excellent groupe hip-hop découvert récemment: Bizzart...

 

 

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