Blonde on Blonde

Publié le par 2047.over-blog.com

  

Et à l'horizon la dernière ligne droite, encore un concert (ou deux), quelques films et après c'est un an de plié...

 

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Alors aujourd'hui un hommage presque littéraire (oups !), à la collection dont j'ai déjà parlé, à un auteur également précédemment évoqué, tout ça dans le vieux blog, et finalement à une façon d'écrire dont non seulement je ne me lasse pas, mais qui se révèle de plus en plus touchante au fur et à mesure de la découverte.

Donc, JB Pontalis, psychanalyste lui aussi déjà célébré pour ses livres incroyables, a créé il y a quelques années la collection L'un et l'autre, creuset d'une écriture biographique, voire autobiographique, parallèle. De petits (mais hauts) livres bleus qui n'en finissent pas de récéler des trésors cachés qu'il s'agira enfin de présenter ici.

La biographie, mouais bof, déjà au cinéma c'est un genre prompt à m'endormir, mais en livre, ça peut tourner aussi facilement en un déroulé paresseux des événements d'une vie, alignés sagement dans leur chronologie: l'ennui. Mais chez L'un et l'autre, c'est la liberté des écrivains et des biographés qui détonne: souvent littéraire, mais pas tout le temps, ce sont avant tout des petits livres lus en deux heures qui nous donnent en même temps une vie et une façon de l'évoquer.. D'où mon plaisir constant: courir vers les biographies qui a priori m'attirent le moins, pour voir comment ils ont fait.

Et surtout chez L'un et l'autre, le plus souvent, la vie est non pas un songe mais un conte: faudra m'expliquer comment en si peu de pages certains arrivent à recréer tant une époque qu'une existence, et il y en a même qui évoquent l'oeuvre. Donc: une collection que je qualifierais de lettrée plutôt que littéraire: des ouvrages raffinés mais accessibles sur des légendes du passé: la vie de quelques artistes, ou gens de l'ombre soudainement éclairés, avec amour.

 

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Et il faut toujours avoir un chouchou: sur mon ancien blog, j'avais fondu pour Didier Blonde et son Un amour sans parole, hallucinant portrait d'une star du cinéma muet et de son amoureux inconnu. Eh bien je fais coup triple, puisque le sieur Blonde est probablement le conteur le plus lyrique et réconfortant de la collection. Dans Baudelaire en passant, il s'attaque à une figure ô combien centrale et (donc) cliché, pour en restituer toute la sève de l'existence, tissée avec son écriture. En quelques tableaux instantanés, le poète dans certains lieux, c'est tout le XIXème siècle qui surgit, et surtout toute une écriture poétique qui se révèle: un petit bijou.

Mais le grand bijou, c'est l'impensable Carnet d'adresses. Didier Blonde y évoque sa passion pour...les adresses de lieu présentes dans les romans, surtout dans sa ville, Paris. A partir d'un postulat aussi mince, qu'attendre ? Eh bien mieux que tout: une promenade aussi excitante intellectuellement qu'accessible dans diverses oeuvres, divers quartiers et surtout moult anecdotes toutes plus folles les unes que les autres. Ce livre est un bonheur total, comme une enquête policière sans coupable, où le plaisir devient la quête de chaque page. On rit, on sourit, on est ému, surpris, impressionné, à la fois face à l'érudition de l'auteur, et chaque page nous promène littéralement, comme un enfant face à un jeu de piste. Noël approche: voilà le cadeau estampillé littéraire le plus ludique et excitant que j'aie trouvé.

 

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Autre maître, dans un autre registre: le véritable conteur Jean-Michel Delacomptée ou l'art de transformer la vie du personnage le moins attirant, Bossuet par exemple dans Langue morte en un formidable char d'assaut d'écriture enjouée et en fascination pour ce monde oublié quasiment aujourd'hui, le XVIIème ecclésiastique et politique.

Et que dire, même si je ne l'ai pas encore fini, de Et qu'un seul soit l'ami, La Boétie, ou comment nous faire découvrir le pote de Montaigne à travers une verve impossible à contenir. Delacomptée, c'est une érudition certes plus littéraire que Blonde, mais ça n'en est pas moins l'un des maîtres de la collection, tout simplement parce qu'il écrit des livres à nul autre pareil...

 

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Enfin on finira en évoquant, pour exemple, quelques noms: Charles Louis-Philippe, écrivain absolument oublié du début du XXème sièlce, dans La mauvaise fortune, de Bruno Vercier, la passion pour le petit livre de Gide dans J'écris Paludes de Bertrand Poirot-Delpech, l'inventeur d'un blanc particlier en peinture (euh, je crois !) avec Le Blanc-Fouquet, un inconnu d'aujourd'hui, célèbre hier pour ses écrits, Pignault-Lebrun (si si) dans L'enfant du carnaval de Stéphane Audeguy, la présence constante de la photographie dans la vie de Roger Grenier Dans le secret d'une photo, et j'en oublie sûrement encore...En tout cas, une collection de plaisirs sans fin, une malle aux trésors, une forme de cadeau de Noël qui s'étend sur plusieurs annés: une génuflexion de plus devant JB Pontalis !

 

Alors du coup, rock'n roll, mon album éléctrique préféré de 2011, eh bien il vient de Suisse, rien moins...(avec en prime clip drôle, et la montée de guitares vers les 2'40 me fait toujours frissonner)

 

 

 

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