Dealeur d'émotions

Publié le par 2047.over-blog.com

Attention, le concert de l'année 2012 (mais elle est pas finie j'en veux d'autres !) c'était hier soir. Et l'un des plus forts de ma vie de spectateur, clairement ! Wouah wouah wouah !!

 

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Alors j'avais un petit avantage: je la connaissais la chorale, les Young Rapture Choir qui sont en fait des ados de collège et lycée emmenés par leur prof de musique à chanter des morceaux de groupes pop rock: on les avait vus avec Mathilde entourant Cascadeur à La Rochelle, j'avais longuement raconté. On attendait Chapelier fou, et Cascadeur et sa chorale nous avait subjugués, comme ils avaient subjugué la salle entière...J'ai revu Cascadeur quelques mois plus tard et ya pas photo: c'était normal, car sans la chorale, plus d'exceptionnel !

Donc là je vois qu'ils viennent, accompagné de Jason Lytle le chanteur de feu Grandaddy (ahhhiiiiii) qui les accompagne seulement sur 3 dates. Et hop, deux places à gagner j'en gagne une (c'est un peu comme ça mon quotidien maintenant !), je déménage avec Seb, on fume autant de joints qu'on porte de cartons, et il décide de m'accompagner, même si l'écoute de Grandaddy ne le convainc pas trop. Eh ben il a pas regretté le garçon, même qu'aujourd'hui il file à Angoulème les revoir jouer, dans une église.

Car oui vraiment ce fut un concert exceptionnel, et à nouveau je pense pouvoir dire que tout le public a été subjugué. Parce que déjà la chorale et le chanteur sont en totale harmonie, mais en plus un quatuor à cordes, et les guitares-batterie-claviers pour les morceaux plus rock.

Oh là là ! Mais que c'était incroyable ! La voix de Jason, les choeurs définitivement célestes des ados, des morceaux rock, des morceaux calmes d'une beauté à déchirer tout coeur de pierre: ce fut comme l'a dit Seb hors du temps: moi qui regarde souvent ma montre pendant les concerts, là jamais, et c'était long ! Et moi qui passe ma vie en retrait dans ces concerts, me voilà au bout d'un moment me collant au bord de la scène (je change et ça s'arrête pas ! fou !), tellement ébloui, tellement heureux, tellement en pleurs, rien ne me faisait peur, je prenais tout car je vis ainsi désormais. Je regardais Jason ne regardant personne, habitant ses chansons, et je me disais que cette musique suivait le même chemin que moi: Grandaddy n'est plus depuis longtemps, mais il est là avec ce passé, et avec d'autres il ne le regarde pas avec nostalgie, mais le redéfinit au présent, différemment, d'une intensité égale, mais autre. Putain que ce concert était grand et fort, qu'il était à part, et que cela aide, si besoin est.

Et les à côtés ne furent pas moins heureux: c'est que Monsieur Seb retrouvait là-bas une jeune fille, et que donc moi, gloups, j'allais devoir parler, dans une situation confortable, pas garçon-fille, mais ami du garçon-fille, et j'ai perdu l'habitude. Alors hé hé deux constats: Seb, vas-y, n'hésite pas ! Et moi, eh ben je me suis à nouveau surpris, et pas qu'un peu, hyper à l'aise, et surtout, quand on me pose une question anodine, ma réponse ne sait pas l'être, et étonne. Mais ce n'est pas une qualité personnelle: eh non, c'est un héritage.

Et encore: on sort de la salle mais finalement je vais vers les disques à vendre, pas pour acheter mais il y avait une jeune fille de la chorale. Elle commence à me proposer les disques, mais je coupe court et lui demande si elle était à La Rochelle. Elle dit oui, alors je lui ai raconté certaines choses, pour tout ramener à aujourd'hui. Ca a pas duré longtemps, mais la surprise, le sourire et les larmes aux yeux de cette jeune fille, je les conserve au creux de moi...

Un concert unique donc, une pierre de plus à l'édifice. Mon chemin m'est désormais dicté aussi par notre histoire, et c'est une force émotionnelle inédite et puissante. Plus de quotidien, plus de canapé, mais un élan intense, poussé par un passé hors du commun. Quelle chance j'ai eu, j'ai. Je porte un petit flambeau d'avant, et ce dans chaque minute, tant heureuse que douloureuse, je veux et prends tout, de mon présent. Mes rires sont beaux, mes douleurs foudroyantes, j'ignore enfin toute neutralité. Mais quelle chance ! Mon idéal solitaire se rapproche: je ne passe pas mon temps, il me dépasse.

 

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  Retour au cinéma pour deux bonnes pioches aussi. Moonrise Kingdom, donc Wes Anderson, un cinéaste dont je ne sais jamais quoi penser, autant capable de m'ennuyer que de me surprendre. ici ça marche: une histoire d'amour de pré-ado sur une île farfelue et dingo. Alors visuellement c'est hyper inventif, je craignais un peu l'effet enchaînement de sketchs mais finalement pas du tout: c'est drôle, vif, beau, parfois pétillant, et surtout ça prend très au sérieux ce qui pourrait n'être qu'une bluette. Très belle mais très casse-gueule histoire d'amour d'ex-enfants, ne reculant pas devant la question sexuelle avec une finesse et une intelligence rares, ne tombant jamais dieu merci dans le niais ou le gnangnan...par contre petite réserve bizarrement sur les adultes, eux traités comme des enfants, et ce n'est pas ce qui m'a le plus intéressé dans l'ensemble, mais c'est secondaire. Un vrai film joyeux et sérieux: très bien !

 

Autre univers mais peut-être plus proche qu'on ne croit: Le grand soir de Délépine et Kervern confirme encore selon moi - même si le film ne fait pas l'unanimité - leur très grand talent de réalisateur. Délire punk aux Rives d'Arcins de Bègles, défilé de copains, papa maman c'est Brigitte Fontaine et Areski Belkacem !!! Et une suite de scènes parfois hyper drôles, je ne me suis absolument pas ennuyé, et on ressort même avec un sourire étrange. Un vrai petit régal de plus de ces deux zigotos, un film politique pas frontal: punk is not dead, définitivement.

 

Et mon Seb qui m'a écrit que tout ce samedi avait été parfait, et poétique: bigre ! Deux jours avant une fille m'avait déjà dit exactement ça, dans un tout autre contexte, je commence à douter !! Mais c'était partagé: on rit beaucoup avec mon acolyte déménageur, on parle de tout sans rien dissimuler, bref ça cogne mais en bien: coups de coeur ! Quand je pleure il me prend dans ses bras au concert: mais c'est des beaux pleurs: ceux de la présence au monde. "Je suis dans ma vie", je crois que c'était la dernière phrase des Nuits fauves, c'était au siècle dernier mais j'oublie pas.. Mathilde m'a superbement écrit que c'est bien aussi d'abandonner le malheur par décision. Absolument d'accord, juste moi je l'abandonne par révélation:une saison en enfer, mais avec illuminations.

 

Allez, celle-là est pour Cyril. Demain un spécial BD délire: j'ai acheté 450 euros de nouveautés, pas avec mon argent bien sûr, pas pour moi, mais j'ai tout lu et ya du génial !

 

 

 

 

 

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patrice 15/11/2012 20:09

salut

merci pour cet hommage très touchant, malheureusement le young rapture n'est plus!! nous avons fini sur une aventure tellement touchante.....qu'est-ce que j'ai pu pleurer!
je suis dans un nouveau bahut dans lequel je démarre un projet du même genre, chorale + instruments;
cette année petit medley sympa avec antony and the johnsons, grandaddy, liam finn, the raconteurs, laura veirs entre autres, on travaille sur un " better living through chemistry " des queens of
the stone qui risque d'être sympa;
j'espère vite inviter quelques artistes avec cette chorale, je pense à Piers Facini par exemple ou refaire un projet laura veirs

meri et à plus


patrice