La semaine du bio

Publié le par 2047.over-blog.com

Au détour de quelques vies pour cette semaine bien trop chargée, grrr et les vacances c'est pour bientôt ??!!

 

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Alors quand on sait pas quoi lire rien de tel qu'un bon Carrère, bizarrement ça marche à tous les coups. Ainsi le gros Limonov englouti en trois jours, parce que la machine Carrère, sur laquelle je me pose bien des questions, fonctionne à plein. Bon, du côté obscur de la création, je me demande si raconter la vie de quelqu'un qui a déjà raconté sa vie, ça fleurerait pas un peu la facilité...mais du côté lumineux, ben dès qu'on commence le bouquin on l'arrête plus. Les raisons personnelles: bizarrement, c'est pas trop le personnage qui m'a accroché, même s'il est complètement barré, mais alors complètement !, parce que ses ambiguïtés (qui visiblement d'ailleurs d'ailleurs n'en sont aucunement) me laissent un peu sceptique: facho, c'est pas ce qui me passionne le plus, loin de là...par contre, ludion rebondissant systématiquement, ça c'est plus étonnant, et pour le coup avec Limonov on est servi: une moulinette à nouveaux départs, généralement quand on le croit le plus à l'arrêt.

Non, ce qui m'a scotché, c'est le portrait de la Russie et du communisme finissant, déjà que mes trois voyages à l'est m'ont vrillé la tête et ont fait (re)naître une absolue fascination pour tout que fut cette période (je vais en reparler bientôt, je suis un peu monomaniaque en ce moment sur ce thème), eh bien avec ce bouquin c'est Carrère qui nous raconte tout ça, avec son humour froid qui sied fort bien à ces temps de folie (avant ET après, quel pays !), entre les turpitudes des économistes, le capitalisme ravageur, et Rostropovitch qui surgit dès que quelque chose se passe. Au final, le livre est une somme sur des temps révolus mais surtout révolutionnaires, avec au centre ce Limonov qui attend toujours de devenir le héros qu'il a rêvé. C'est peut-être le meilleur thriller que j'ai lu ces derniers temps, or ce n'en est pas un...fulgurant.

 

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Autres récits de vie, c'est L'un et l'autre qui est toujours là, avec deux beaux portraits de seconds couteaux: Pauvre Bouilhet de Henry Raczymow (auteur du génial Le cygne de Proust dont j'ai déjà parlé) évoque ce "frère" spirituel (mais aussi de sang ???!! la ressemblance est au-delà du frappant) de Flaubert, une amitié d'une vie entière, aussi éclatante que trouble lorsqu'il s'agit de construire sa vie: l'un fait l'ermite pour écrire ses romans, l'autre est expédié à Paris pour trouver le succès (qui ne viendra jamais). Homme de l'ombre mais homme essentiel, un troublant portrait de quelqu'un qui peut-être n'était là que pour son ami...

Erckmann et Chatrian ou le trait d'union de Jean-Pierre Rioux évoque cet auteur (pour moi, un très très vague nom) du XIXème, très populaire, qui en fait était la réunion de deux hommes qui là par contre, jusqu'à leur brouille finale, écrivaient de concert, se répartissant les taches à peu près équitablement. Les deux livres nous plongent dans cet étrange deuxième moitié du XIXème, période bien trop masculine pour moi, mais que j'adore découvrir dans ses intertices.

 

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Biographies BD pour finir...Alberto G. d'Eric Lambé et Philippe de Pierpontne raconte pas la vie du sculpteur Giacometti, mais en construit une sorte de métaphore à travers cette tête sculptée dans sa jeunesse qui le hantera toute sa vie. Une étrange et habile façon d'illustrer une vie.

Avec Freud (no comment !! ha ha private joke) d'Anne Simon et Corinne Maier, c'est une fort drôle évocation de la vie et l'oeuvre du psychanalyste qui se dessine, deux femmes qui tant par le texte que les illustrations expliquent la psychanalyse, et la tournent gentiment en humour. Un vrai petit régal.

 

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L'intruse de Roannie et Oko  est le récit du voyage humanitaire-découverte de l'auteure en Palestine et Israël..;Quoi ??! Après Joe Sacco on peut écrire cela ? Ben ouais parce que l'humanitaire c'est pas du journalisme, et (attention révélation) une femme n'est pas un homme, donc le regard féminin et professionnel posé sur ces pays dans ces BD vaut donc le détour.

 

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Matisse Manga de Christophe Girard est là encore une étrange évocation de la vie et l'oeuvre de Matisse: l'auteur dessine les gens qui dans les musées regardent les oeuvres du peintre, et en bas celui-ci nous explique ses techniques, ses recherches, ou des critiques contemporains le décortiquent. Drôle d'objet, mais fourmillant.

 

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On finira avec l'exception, c'est pas une biographie  mais un nouveau polar de chez Actes Sud, Le poète de Gaza de Yishaï Sarid. Vrai thriller resséré, on y suit le travail d'une sorte d'agent secret israëlien qui rencontre une écrivain public mais dans un but que nous ignorons au début. Petit à petit, c'est à la fois un tableau (fort sombre) de ces lieux, mais aussi des vies qui se délitent ou au contraire s'éveillent, avant que tout ceci ne se dirige vers un final plein de suspense et de tensions. Après le polar japonais, l'israëlien: j'en veux d'auttttrrrreeeessss !

 

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On pensera aussi au concert de la semaine, ben voilà dès qu'il y a des places à gagner je joue et souvent je gagne, et après c'est pas forcément les soirs qu'il faudrait !  Sauf que là c'était à l'Heretic pour Mars red sky, le groupe noise du leader de Calc. Mercredi soir, la veille de mes affreux jeudi, et ils commencé à...minuit !! j'ai donc pas tout vu, mais ce fut du gros son de guitare (les deux premiers groupes jouaient à toutes berzingues), l'heretic c'est toujours aussi pourri (au sens noble du terme), tout le monde y fume (ô joie), et donc je me sentais bien là-bas, presque à imaginer que le lendemain n'existerait pas...ben si...

 

Allez, bientôt en concert aussi Dark dark dark...cool...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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