Le Molas, Ledun, Lemaître (et le truand)

Publié le par 2047.over-blog.com

 

La course de vitesse recommence...plein de romans à évoquer, de films vus au ciné, de BD, et la saison des concerts qui reprend déjà, alors du coup on commence par...les polars !

 

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Je n'y connais rien mais se passerait-il quelque chose dans le polar français ? En tout cas deux chocs bien fatiguants (traduction: on les commence et on se couche hyper tard à cause d'eux, et le lendemain on rame toute la journée au boulot avant de les finir en deux soirs alors qu'ils font 400 pages chacun)  m'ont révélé deux jeunes auteurs qui savent parfaitement appliquer les règles de construction d'un sujet haletant (une enquête sur un temps très courts, partant de presque rien et ouvrant des gouffres effrayants), relancer la figure de l'enquêteur fatigué mais toujours là, et surtout décrire une province française, lieu totalement inattendu pour ce genre de récit faisant plus penser au cinéma le plus terrifiant qu'à la tranquillité de coins paumés. Dunkerque et le Nord pour Aurélien Molas et sa Onzième plaie, Le Rhône et Tournon pour Marin Ledun dans La guerre des vanités. Dans les deux cas, il ne faut pas plus de trois pages pour entrer dans le vif du sujet, pas moins de 400 pour démêler tous les fils, et entre les deux c'est l'angoisse, le suspense, la peur, bref les émotions les plus excitantes qui fonctionnent à plein tube. Rien que de l'écrire j'en tremblote, parce que c'était fort et que même si je voulais que les enquêtes aboutissent, je voulais pas quitter ces ambiances à part. J'ai flippé mais vraiment flippé, et j'ai été agrippé comme rarement avec des polars, français qui plus est. D'un côté un réseau de pédophilie sur internet, de l'autre sept suicides d'enfants et d'ados le même jour à Tournon, mais au centre, incessament, l'excitation jubilatoire ddu lecteur. Haletant et virevoltant, les deux.

 

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Autre excellente surprise dans un autre type de polar, Robe de marié de Pierre Lemaître ensorcelle par sa construction que je ne peux trop dévoiler. Disons qu'on suit au début une jeune femme un peu folle au passé trouble mais à peine évoqué, et qu'elle se retrouve face au cadavre de l'enfant qu'elle garde la seule nuit où elle dort chez ses employeurs. Fuite, nouvelle vie puis...arrêt de l'histoire, et seconde partie à tel point différente que j'ai cru pendant quelques pages me retrouver devant un recueil de nouvelles !! Et puis bien sur que non, des fils se raccrochent, et là on commence vraiment à avoir très peur, et c'est loin d'être fini. Beaucoup moins direct que les deux livres précédents, mais beaucoup plus pervers et tout aussi angoissant: c'est la loi des séries, mais des bonnes: celle du plaisir.

 

Emotion et plaisir à retrouver Stanley Calhoun dans sa région du Maine, au milieu de son chien, sa Kate aimée, son passé inconnu qui le hante et ses sorties de pêche qui l'aménent vers des ennuis. Casco Bay est aussi passionnant que le premier Dérive sanglante. Oui mais voilà la tristesse est installée parce que il reste le troisième tome  qui est certes sorti, ne clôt pas l'histoire, mais mauvaise nouvelle, l'auteur William G Tapply est mort ensuite. Eh ben voilà, on ne saura jamais ce qu'il en est du passé mystérieux de Stanley...bouh...

 

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Probablement moins abouti mais prenant quand même, Le jeu du pendu d'Aline Kiner séduit par son supsense mais ne saurait souffrir la comparaison avec les bombes évoquées en début d'article.  Lisible mais anecdotique, et ça empire avec le suédois Johan Theorin, présenté sur certains blogs comme le génie du moment et qui m'a laissé plutôt de marbre avec son Echo des morts. Un lieu intriguant pourtant, une petite île perdue de Suède, une mort inattendue, un zeste de fantastique mais au final c'est bizarre, j'ai avancé sans jamais être vraiment intéressé. Pas glop.

 

Deux mots de concerts quand même, mon génie de Stranded Horse est revenu jouer gratuitement à l'église perdue de St Brice au milieu de cyclistes qui s'en foutaient globalement, alors que devant eux une fois de plus ce mec et sa kora étaient éblouissants, pop, transe, chamanique, beau comme de l'inoubliable, putain voir deux fois Stranded Horse en quelques mois c'est le plus beau cadeau de concert que j'aurais eu ces derniers mois.

Et avec Mathilde on a savouré le set gratuit encore de DJ Oil, l'ancien des excellent Troublemakers a parfaitement mélangé éléctro, jazz, soul et autres friandises avec en prime un très beau jeu de lumières et vidéo sur des masques africains géants, yavait personne et c'était dommage, mais yavait mon amoureeuse et c'était alors vraiment bien...

 

Et allez on saute partout !

 

 

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