Petits trésors cachés: Aleksandar Zograf

Publié le par 2047.over-blog.com

 

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C'est une BD serbe publiée il y a quatre ans chez L'association, dont je n'avais jamais entendu parler, et que j'ai pris un peu au hasard. Vestiges du monde, donc. Une fois ouverte, c'est bizarre: à chaque fois sur deux pages, l'auteur nous parle, beaucoup, mais beaucoup beaucoup: le texte est abondant, presque décourageant a proiri. Peu d'images donc, une dizaine de cases par double-page, plein de mots, mais l'auteur ne parle pas de lui, en tout cas très peu, pas vraiment sa vie, mais ses pérégrinations disons culturelles: ses trouvailles (j'irai presque dire ses petits trésors cachés !). Il adore fouiner chez les bouquinistes, aux puces ou dans n'importe quel bric-à-brac, et il exhume ici toute une mémoire, celle d'un pays, d'un coin du monde, ou bien du monde entier, et d'un quotidien: artistes oubliés, énergumènes, événements, on navigue entre les Je me souviens et les Je découvre et raconte. Bilan: on commence, on lit quelques "chroniques" (comment appeler ça ?), on peut picorer dans l'ordre qu'on veut, on s'aperçoit que le livre est gros et donc plein de surprises, on est constamment étonnés, on découvre la Serbie, les Balkans, mais par les creux, les en apparence petits riens qui font des grands tout, on suit l'auteur dans quelques villes, ou dans quelques recoins secrets des temps, et on s'aperçoit finalement qu'on ne peut pas lâcher l'ouvrage, que c'est un puits sans fonds de petits bonheurs s'additionnant. Tant par sa démarche que par sa construction, Vestiges du monde évoque une Tour de Babel de la curiosité, et nous offre la plus délicate des sensations: plus on le lit ou relit, plus la curiosité est mise en appétit. Un vrai petit infini à portée de main, qu'on rêve d'offrir pour mille raisons différentes. Lui et son livre: amour...

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