Septembre, sans plus attendre

Publié le par 2047.over-blog.com

Rentrée cinéma plus que bousculée: finalement après la tornade des Bien-aimés qui a tout écrasé sur son passage, on aura su retourner dans les salles closes...

 

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Car oui c'est le nouveau Bertrand Bonello L'apollonide souvenirs de la maison close qui sera chouchou du mois, un film qui d'abord signe le grand retour dans mon coeur de ce cinéaste suivi depuis ses débuts mais un peu perdu de vue à grand regrets, avec le joyeux souvenir éternel du Pornographe et son Jean-Pierre Léaud déchaîné...Ici donc un huis-clos (sans blague !) entre le crépuscule d'un siècle et l'aube d'un autre, autour de cette maison-palais des plaisirs, avant un écho contemporain final glaçant mais chut...Evitant avec une facilité déconcertante le piège affreux du film-en-costumes-qui-reconstitue-une-époque-à-l'aide!!!, Bonello signe plutôt un tableau en mouvements enivrant, d'une beauté parfaite, beauté qui ne vient pas seulement des actrices choisies mais bien du regard porté sur ces personnages, évidemment pas moral (sinon pour suggérer qu'ici règne le bien ?), évidemment amoureux et admiratif. Quasiment pas de trame ni de scénario, plutôt un glissement progressif vers une autre tépoque,  mais surtout une constante attention au temps quotidien. Paroles, gestes, langueurs, mais aussi salles de bains, repas, discussions "banales" de boulot, tout ici est non reconstitué mais presque "en vie". Nullement raccoleur, nullement facile, ce film superbe, impeccable, ode à la féminité, se savoure pendant plus de 2h comme un bouquet d'ivresse, d'esthétisme et de délicatesse - malgré certaines violences insoutenables. Portrait d'un lieu et d'une époque, peut-être, mais avant tout peinture incroyable d'un groupe en côtoyant un autre, femmes et hommes, une panthère au milieu: le monde en maison close ? la vie, assurément. Chef-d'oeuvre du mois, le premier...

 

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Car le deuxième est l'oeuvre qui me laissait quelque peu dubitatif a priori de Valérie Donzelli, La guerre est déclarée. Oeuvre autobiographique fictionnée dont on sait maintenant l'histoire - un couple face au cancer de leur petit garçon - où Valérie et Jérémie deviennent Roméo et Juliette, ben ouais quitte à fictionner autant y aller à fond ! Bon de l'extérieur c'est relativement osé et courageux de rejouer un drame intime de sa vie avec son ex , certes, mais si le résultat cinéma est raté, qu'importe. Or justement oublions l'anecdote du rapport fiction-autobiographie et acclamons le film, bien réel lui, qui en découle. Autant le premier opus de la demosiselle - la reine des pommes - m'avait semblé sans intérêt, autant là l'énergie, l'invention et finalement la passion de cinéma et de vie qui affluent emportent tout sur leur passage. Ouf on oublie les effets tire-larmes qui pouvaient arriver, ainsi on voit très peu l'enfant et c'est très bien dans un tel film, et on se concentre plus sur l'entourage, ces adultes qui doivent faire cette guerre qu'ils n'auraient jamais imaginé. Alors le film s'embarquera dans la seule solution trouvée: bondir, courir, s'aimer, puis finalement ne plus s'aimer parce que ç'aura été trop dur, en tout cas se séparer pour s'aimer autrement,  mais ne jamais se laisser gagner par l'absence d'espoir. Au final même si tout le monde l'a dit, oui c'est un film pop, paradoxalement assez euphorique parfois, qui n'oublie jamais le drame, mais ne se laisse jamais envahir par lui. Malaise et sourire: fallait oser, pari gagné.

 

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Autre retour, celui du cher italien Nanni Moretti avec le sujet le plus drôle du mois - un pape élu qui pète un plomb et refuse d'y aller - et un Piccoli en grande forme pour ce Habemus papam qui s'il m'a fait beaucoup rire dans sa première moitié (la psychanalyse en public restera assez inoubliable) m'a ensuite perturbé avec l'errance du non-pape, cette sorte de "retraite" étrange et désespérée, puis un peu ennuyé lorsqu'au Vatican on attend. Au final on a comme trois films en un (tiens, comme Journal intime...) mais le mélange ne m'a pas semblé toujours fonctionné. j'ai ri, j'ai été intrigué, mais je n'en suis pas sorti aussi heureux que je l'espérais.

 

Et encore un retour, ya longtemps que je ne m'étais pas déplacé pour Lars Von Trier et je crois qu'il va falloir attendre pour la prochaine fois !! Melancholia bof bof, vraiment pas convaincu et pourtant j'étais très en attente, mais bon, si la première partie est correcte sans grande surprise quand on connaît les films du danois, après son histoire de dernier jour du monde m'a semblé aussi ridicule qu'ennuyeuse. Un artifice assez vain - tu fearais quoi toi si c'était la fin du monde ?? - et du coup un film qui pour s'étirait sans fin et aboutissait à une étrange attente: bon elle vient cette fin du monde que je puisse sortir !

 

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Deux curiosités pour finir, retour vers les petits cinéastes à découvrir. Heu alors autant voir un film grec en ce moment je trouvais ça fort cool, autant Attenberg de Athina Rachel Tsangari  ne m'aura pas convaincu: trop froid, trop bizarre, entre le film et le décousu d'une oeuvre d'artiste plus que de réalisatrice, bon ben c'était raté...

Plus intéressant était le Putty Hill de Matthew Porterfield, petit film indé américain. Tournant autour du deuil mais d'une manière assez originale, on se retrouve à Baltimore à suivre quelques personnes ayant connu un jeune mort d'overdose, famille, amis, plus ou moins proches. L'Amérique des slackers, des skaters, des largués aussi, et une forme cinématographique très étonnante, beaucoup d'interviews nous amenant à douter: euh c'est un film ou un documentaire ? Approche originale donc pour un sujet rebattu, un nom à suivre, probablement.

 

Ah voilà un hip-hop plus que réjouissant oui oui...

 

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