Sonic life and death

Publié le par 2047.over-blog.com

 

Hé ben, si on avait pu imaginer que même Sonic Youth se séparerait, ô tortueuse vie...

 

Allez, un spécial BD express pour retrouver le rythme.

 

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Doubles applaudissements pour Christophe Blain et Florent Chavouet !

Le premier a fait avec En cuisine avec Alain Passard la BD la plus réjouissante de ces derniers mois, une immersion drôle et fascinante dans les cuisines d'un chef étoilé complètement dingue, cet Alain Passard qui serait plus un artiste des légumes (entre autres) qu'un cuisinier. Une personnalité hors du commun qui, équipée de ses outils, mélange en improvisant la plupart des légumes pour créer des plats démentiels (ya même des recettes !) . la BD suit le regard naïf mais ébloui du dessinateur, qui se régale, écoute, regarde et observe. Total: un hymne très drôle à un poète de la nourriture, un homme qui, par sa personnalité unique, fait tout simplement rêver. Jeu de mots facile: un pur régal.

 

Déjà évoqué dans ces pages il y a quelque temps, Florent Chavouet avait déjà inventé son journal de voyage au Japon avec Tokyo Sanpo, qui crée déjà les bases de ce qui deviendra ensuite le génial Manabé Shima. BD sans case, où chaque page est une aventure ou une collecte d'objet, sens de lecture constamment renouvellé, même drôlerie irrésistible, à nouveau un livre immanquable, une découverte joyeuse du Japon, sa pluie, ses policiers qui font rien ou qui arrêtent l'auteur en croyant qu'il a volé un vélo, beauté étrange de certaines habitations, looks originaux croqués goulument, tout y est et fait qu'on dévore le livre sans pouvoir s'arrêter. Mathilde l'a fait, Arthur aussi: unanimité !

 

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Deux autres BD essentielles dont je n'ai jamais trouvé le temps de parler. Polina de Bastien Vivès est enfin une très grande BD de cet auteur qui promettait toujours sans arriver à la profondeur ici atteinte. La vie de danseuse à travers une école particulière et un maître pour le moins taciturne: l'histoire partira de l'enfance pour finir à l'âge adulte, et dans un noir et blanc magnifique constituera une parfaite réflexion sur l'art, l'artiste, l'inspiration, la souffrance et le plaisir, l'influence d'autrui sur nous. Marquant.

 

Fin de série pour Fritz Haber de David Vandermeulen, cette Bd sépia sur l'inventeur du gaz moutarde du début du siècle. Et à nouveau comme pour les tomes précédents une lecture exigeante, ardue, d'une grande beauté, et préparant funèbrement le reste du siècle à venir, malgré un final grandiose autour de la figure d'Einstein. Une série très haut de gamme.

 

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Rions un peu et même beaucoup beaucoup avec Fin de chaîne de Galvin, une histoire délirante, absurde et ridicule à souhait, d'un serial killer sévissant dans un troupeau de sortes de dindes d'Australie (des dodos ?). Jouant jusqu'au bout la carte du non sens, là encore un ouvrage qu'il sera difficile de ne pas avaler d'un trait. Rires.

 

On ira se délecter plus prudemment des histoires d'horreur de La chenille de Suheiro Maruo, un manga horrifique, genre que je connais peu, plein d'outtrances et de dégoulinages pas ragoutants, mais très bien aussi !

N'oublions pas de suivre avec Le boucher de Hanovre  d'Isabel Mertz et Peer Meter, l'histoire vraie d'un serial killer du début du siècle en Allemagne: il tuait ses victimes puis vendait leur chair comme de la viande à ses voisins, vu que c'était la crise !! Très habile ouvrage, qui ne manque pas de souligner le rôle ici de l'administration: toujours très instructif.

 

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Et on finira par la merveille qui aurait dû se trouver tout en haut mais que j'ai oublié: Noël approche, alors en plus des deux ouvrages à l'honneur aujourd'hui, préparez-vous à faire des heureux avec l'irrésistibleTrop grand vide d'Alphonse Tabouret,de Sybilline, Jerome d'Aviau et Capucine,  un enchantement pour petits et grands, vraiment, on le lit à plein de niveaux, enchantement de dessins, de situations, d'idées, d'émotions belles et douces, bref ce qu'avant Miyazaki arrivait si bien à faire au cinéma (mais ya longtemps qu'il n'y arrive plus !), un conte philosophique qui amène pincements au coeur et sourires, là encore certifié immanquable par ma belle et mon ptit gars. Joyeux Noëls à venir !

 

Je suis faaaaaatigué alors un peu de rock déviant canadien, et ça repart...Sonic Youth n'est plus, mais le label Constellation, lui, règne encore...

 

 

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